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Plagiocéphalie et mode de couchage

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Plagiocéphalie et mode de couchage*

 Auteur : ALAIN GAUTIER, Ostéopathe DO, Formateur en périnatalité, sommeil du bébé, couchage du bébé, maternité, prévention des plagiocéphalies.

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À partir de 1994, une recommandation médicale a radicalement changé le mode de couchage des bébés. Désormais, ils devaient être exclusivement couchés sur le dos. Au même moment, nous avons pu constater une véritable « épidémie » de plagiocéphalies chez les bébés que les parents nous confiaient. Cette augmentation exceptionnelle de cas ne concernait qu’une forme particulière ; la plagiocéphalie posturale postérieure post naissance (P.P.P.P.)


*Article paru dans la revue Référence Ostéopathie n° 6 et publié en accord avec l'auteur et le Directeur de la publication, Frédéric Zénouda.


Le traitement ostéopathique était une très bonne indication, mais l’action thérapeutique intervenait souvent trop tardivement, la déformation étant déjà bien installée mais lorsqu’il était possible de faire un traitement précoce celui-ci ne s’avérait pas forcément si efficace au bout de quelques semaines! A mes yeux, les résultats obtenus étaient insuffisants. Il était frustrant d’imaginer qu’il était certainement possible d’éviter la création de ces déformations au lieu de chercher à les corriger au mieux. Il était évident que l’environnement du bébé et tout particulièrement son couchage représentaient un facteur de risque de déformation et d’entretien de ce type de déformations.
En 2003, nous avons testé beaucoup de systèmes et trouver enfin une solution préventive efficace adaptée à cette plagiocéphalie.
Le principe de ce couchage était très ostéopathique, redonner simplement la liberté de mouvement à la tête du bébé couché. Aujourd’hui il est toujours le seul à être associé à deux autres principes indispensables :

- favoriser la possibilité de multiples positions de repos pour la tête même pendant le sommeil
- répartir et réduire au maximum les forces participant à la création de la déformation.

Ce premier couchage prévenant les risques de plagiocéphalie posturale post naissance nous a servi de modèle pour en élaborer un autre spécialement conçu pour le confort du bébé en position couchée sur le dos. Mieux sécurisé, celui-ci a été perfectionné pour devenir multifonctionnel. Le couchage allait pouvoir aider le bébé dans son quotidien durant cette période de transition des quelques mois qui suivent la naissance.
Depuis 2007, nous avons pu expérimenter le Bibed Standard avec succès auprès de centaines de nourrissons. C’est un couchage de prévention utilisable de jour comme de nuit, utile pour tous les bébés dès la naissance.
Mais Les ostéopathes reçoivent le plus souvent des bébés pour une déformation déjà installée. Lorsque ces bébés présentent une déformation de l’arrière crâne avérée, le système préventif anti-tête plate qui est intégré dans le Bibed Standard était souvent insuffisant.

Nous avons donc réalisé le bibed d’adaptation. Il propose les mêmes avantages que le Standard mais son usage est réservé aux bébés qui ont déjà une déformation avérée de l’arrière crâne ou de la forme globale du crâne. Il ne permet pas un changement direct de la forme du crâne mais son principe est de redonner ou favoriser la liberté de mouvement de la tête en posture couchée au quotidien et ceci quelque soit la forme de la partie postérieure de sa tête.
Le Bibed d’adaptation est un véritable outil au service de la pratique ostéopathique pédiatrique, il est à même d’amplifier et pérenniser nos résultats.
Ce Bibed d’adaptation a été adopté par un nombre croissant d’ostéopathes pour servir de matelas d’examen en cabinet.

Revenons d’abord sur quelques observations cliniques simples qui nous ont permis de concevoir ces couchages.

La position couchée sur le dos à plat et la gravité

Le bébé en posture couchée sur le dos à plat subit son propre poids. Il est plaqué sur le support sur lequel il est posé et subit la forme et la qualité de ce support. Il en résulte le plus souvent la recherche d’une position de stabilité pour la tête.
Cette position de repos est en rotation sur un des côtés pour la très grande majorité de bébés (la forme dolichocéphale étant majoritairement présente) et dans l’axe pour les bébés dont le crâne est de forme plutôt brachycéphale. La tête va ainsi rester relativement immobile pendant de très longues périodes et tout particulièrement pendant le sommeil.

Les formes de crâne

Le choix du côté de la rotation préférentielle peut être mis en relation avec certaines théories ostéopathiques. La plus classique est celle des "schémas de tension" locaux ou globaux qui sont majorés ou diminués par ce positionnement de la tête.
Mais le plus souvent, en observant simplement la forme anatomique du crâne du bébé, il apparaît évident que celle-ci est responsable de l’adoption de cette position privilégiée de repos.
Cette position présente beaucoup d’avantages, elle est la plus stable, confortable et ne nécessite pas d’effort, elle apporte un sentiment de sécurité au bébé.
La forme de la tête qui a induit le choix d’une position de stabilité va avoir un gros inconvénient. Elle représente un véritable handicap mécanique pour sortir de cette position et cela condamnera plus ou moins le bébé à une véritable immobilité pour sa tête. Cette immobilité maintenue longtemps crée des appuis sur une même zone limitée en surface, c’est le facteur mécanique le plus facilement identifiable dans les risques de déformations osseuses de l’arrière crâne post naissance.
Certaines formes du crâne, lorsque le bébé est couché à plat sur le dos, jouent un véritable rôle "anti mouvement". C’est vrai avec les deux grands schémas que sont la dolichocéphalie et la brachycéphalie et bien sûr dans toutes les formes d’asymétries postérieures ou globales du crâne.
La déformation spécifique de la P.P.P.P. se fabrique sous l’impact des forces gravitationnelles dès la naissance, mais elle ne deviendra visuelle qu’à la huitième semaine et évoluera encore négativement pendant quelques semaines par un phénomène d’auto entretien.

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Les "chignons"

Pour illustrer cette observation sur la forme, nous vous proposons l’image du "chignon" qui est posé à l’arrière crâne des adultes. Le chignon augmente la longueur du crâne à la partie postérieure. Prenons l’image d’une personne qui pose sa tête sur l’appui tête d’un siège de train. Si sa tête est dans l’axe, elle est projetée en avant. Cette position est instable et inconfortable, pour obtenir une meilleure stabilité et diminuer les tensions ressenties, la tête va être posée sur un côté. Mais pour changer de côté, il faudra soulever la tête et passer par la flexion en prenant appui sur le chignon. La solution technique proposée serait de creuser l’appui tête au niveau du chignon, la tête pourra tourner sur son axe sans effort et adopter de nombreuses positions de repos. C’est ce principe que nous avons appliqué pour les Bibeds. Le bébé en position couché sur le dos est dans une situation similaire, mais il subit en plus les forces gravitationnelles et n’a pas encore acquis les compétences psychomotrices pour réaliser cette action.

L’implantation du chignon

Elle peut être au centre, c’est la forme physiologique la plus fréquente chez les bébés. La tête pourrait se poser sur les deux côtés. Le chignon peut être installé latéralement comme dans toutes les plagiocéphalies, cela concerne aussi les cas de crâne dont la forme globale est en banane ou en parallélépipède, la tête se pose alors du côté opposé au chignon. Si nous avons deux chignons à l’arrière, cela crée une base de trépied postérieur très stable. C’est ce que l’on retrouve dans les brachycéphalies, le bébé garde sa tête toujours dans l’axe.

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Si le support augmente la flexion de la tête Lorsque la tête d’un bébé est dans l’axe, plus sa forme est allongée plus elle est projetée en avant comme dans notre exemple précédent, dans un transat ou avec un oreiller, ce ne sera pas sans un certain nombre d’effets secondaires.
La flexion de la tête sur le thorax augmente passivement, refermant l’espace antérieur du cou, les muscles de la flexion qui sont déjà peu efficaces sont raccourcis et deviendront ainsi encore moins efficients, la zone cervicale postérieure est mise en tension. Le bébé en position instable, en insécurité, va fuir la tension postérieure et se mettre en rotation sur le côté qu’il préfère. Cette position en rotation/ flexion est la situation la plus favorable pour créer les déformations rencontrées dans la P.P.P.P, celle-ci est à corréler avec le temps passé dans cette position.

C’est une posture où il est difficile de mobiliser efficacement sa musculature pour des mouvements simples de la tête, de changer la tête de côté. Le passage de l’autre côté imposera au préalable de soulever la tête pour passer en flexion. C’est un gros effort inadapté aux compétences du bébé. Il effectuera peut être ce mouvement 3 ou 4 fois au cours de la journée dans un état de pleurs ou colère, mais presque jamais pendant le sommeil et le plus souvent le bébé finalement abandonnera toute velléité de changement et restera dans cette position confortable où il réussit déjà très bien à placer ses parents "dans son champ de vision".

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Si, de plus, le bébé est dans une position de corps incliné comme dans les transats ou dans les cocons. Il en résultera un tassement global et un confinement positionnel qui plairont probablement au bébé (ce qui n’est pas sans conséquence sur le temps qu’il va passer dans cette position).

Mais elle est très modelante parce que les possibilités de mobilité sont réduites et que cela favorise un état d’hypotonicité. Elle contribue à maintenir et renforcer toutes les dysfonctions en compression des différentes parties du tronc figeant ainsi les positions en fermeture ou flexion du corps. Le bébé aura beaucoup de mal à s’ouvrir, à s’allonger.

La stimulation sensorielle pour créer une appétence motrice est vouée à l’échec si la rotation de la tête n’est pas favorisée. C’est à dire si le bébé par le simple fait de suivre ou chercher quelque chose tourne sa tête sans effort, sans s’en rendre compte.

Le Bibed d’adaptation

Il vient compléter la gamme d’outils que nous avons développée pour aborder le plus largement possible les plagiocéphalies. Chez les bébés à l’arrière crâne déjà très déformé, il fallait impérativement réduire l’handicap mécanique dû à la forme asymétrique. Le Bibed d’adaptation a été équipé d’un ingénieux jeu de deux têtières amovibles qui seront utilisées en fonction de l’évolution des compétences motrices du bébé. La têtière d’adaptation est en fait un support préformé asymétrique qui permet une rotation plus facile de la tête autour d’un axe beaucoup plus centré. Les muscles rotateurs sont dans une position de travail efficace, le bébé au quotidien va retrouver et entretenir une liberté de mouvement de sa tête, en posture couchée. Le bébé grâce à un système global de facilitation va pouvoir expérimenter le côté non utilisé. Il va "auto-récupérer" et entretenir un nouveau potentiel de mobilité. Il est surprenant de constater que parfois le positionnement sur la têtière d’adaptation ne demande que quelques jours pour que le bébé puisse maîtriser les mouvements complets de la tête.

Ceci participe activement au traitement de la plagiocéphalie et à la diminution des effets secondaires consécutifs à l’immobilité et à la déformation structurelle de la tête. Rappelons que l’objectif n’est pas un changement de sa forme. S’il se produit ce ne sera qu’une conséquence indirecte.

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Des têtières spécifiques

Le Bibed d’adaptation comprend deux têtières :

- la têtière d’adaptation dont la piste présente un côté limitant et un côté facilitant pour orienter la motricité.
- la têtière standard symétrique avec une piste plate au centre et deux cales latérales. Cette dernière sera utilisée en fonction des formes particulières de crâne et pour prolonger l’usage du Bibed d’adaptation offrant au bébé quelques semaines supplémentaires de confort lors des postures couchées. Le positionnement de ces têtières peut être réglé dans l’espace pour remplir au mieux leur fonction. Conditions d’utilisation.

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Les positionnements de la piste de soutien vont se modifier dans le temps selon des objectifs qui évoluent, en fonction des observations et remarques des parents.

La sécurité du bébé doit être maximum mais il faut aussi que le Bibed soit utilisé au mieux pour potentialiser ses effets. La bande de maintien livrée avec le Bibed doit être utilisée dès le 2,5e mois chez les bébés très toniques. Elle ne représente pas une contrainte pour le bébé mais limite l’amplitude des grands mouvements de déplacement.

Si le bébé est plutôt hypotonique (type carcara carbonica en homéopathie) et qu’il ne cherche pas du tout à se retourner, il pourra utiliser le Bibed d’adaptation avec la têtière adaptée à sa forme de crâne jusqu’à ce qu’il mesure 70 cm.

L’usage du Bibed d’adaptation doit toujours être en relation avec l’état de santé général du bébé.

Dès que la têtière d’adaptation ne sera plus utile, il suffira de la remplacer par la têtière standard et nous serons revenu à un Bibed standard normal utilisable comme pour tout bébé et réutilisable par un autre bébé.

NB : Certaines déformations importantes peuvent être considérées à tort comme des torticolis congénitaux. En fait, en posture couchée, ils ont une rotation préférentielle figée, qui souvent associe des dysfonctions ostéopathiques avec un obstacle mécanique du à la forme de leur tête. Ils se satisfont d’avoir la tête posée sur un seul côté, sans que cela demande d’efforts. Le mode bibed peut les aider.

Le bibed d’adaptation peut servir de matelas.

Le Bibed d’adaptation avec sa têtière standard permet de recevoir et traiter les bébés au cabinet dans d’excellentes conditions. L’usage d’un couchage spécifique et confortable pour examiner et traiter leur bébé est rassurant pour les parents. Le bébé est plus détendu, les parents aussi. C’est un atout pour aborder plus sereinement le temps du traitement. Dans un premier temps, le thérapeute va pouvoir choisir la têtière qui semble correspondre à ce bébé.et le poser sur le Bibed, dans une très grande majorité de cas, il sera possible d’observer et faire constater aux parents que le bébé "en mode Bibed" va très rapidement pouvoir tourner sa tête des deux côtés lors d’une stimulation. La rotation préférentielle était bien maintenue par l’obstacle mécanique de la forme de la tête, associé à la forme et dureté du support.

Pour le thérapeute, le Bibed apporte de nouvelles possibilités de toucher, de prise d’appuis et de gestuelles pour aborder le corps du bébé. La qualité de réactivité de la mousse permet un abord inédit du corps et favorise l’utilisation de paramètres spatiaux ou physiologiques.

Quelle action préventive pour les bébés qui ont déjà une plagiocéphalie installée ?

Dans le cas des modelages avérés quelques jours après la naissance, la seule action préventive que nous puissions mettre en œuvre est de proposer un traitement ostéopathique spécifique aux femmes enceintes. L’objectif de celui-ci est de minimiser l’impact des éventuelles positions fœtales modelantes ou moulantes, en améliorant les conditions et le potentiel de mobilité du fœtus dans la matrice. Le moment le plus opportun pour le traitement ostéopathique se situe entre le 5ème mois et demi et le 6ème mois. Cela correspond au début d’une modification dans la physiologie d’expansion de l’utérus au cours de la grossesse. L’image habituelle du studio qui se transforme en duplex piscine illustre parfaitement le potentiel de confort et d’espace qui peut exister ou non pour le fœtus et la maman.

Ce type de traitement chez la femme enceinte est spécifique car il correspond à une vision préventive dans notre champ d’application.

Trois objectifs complémentaires sont visés :

- rendre conscient, la capacité qu’a le muscle utérin d’adapter sa tonicité aux situations vécues (eutonie utérine). Le mode de vie et la gestion de la grossesse influencent beaucoup cette tonicité utérine. La notion de tonicité du muscle utérin est souvent assez difficile à expliquer et il existe une confusion avec les contractions de la matrice ou son degré d’excitabilité.
- obtenir un équilibre articulatoire (au sens ostéopathique) de la matrice avec les organes voisins. C’est à dire favoriser la meilleure liberté de mouvement de l’utérus par rapport à son environnement. C’est l’aider ainsi à obtenir une expansion de meilleure qualité et à diminuer les tensions qui pourraient se focaliser sur son segment inférieur et sur son système de suspension dans le petit bassin.
- conscientiser l’appui du diaphragme dans une respiration qui vient réunir le thorax, le ventre et le bassin et redistribue la façon dont la femme enceinte se porte et porte son futur bébé.

Ce type de traitement va aussi favoriser une rééquilibration posturale de la mère qui sera le plus souvent suffisante pour faire diminuer sinon disparaître tous les types de douleurs qui motive un traitement ostéopathique pendant la grossesse.

Pouvoir vivre et se recentrer sur une grossesse plus confortable est déjà un excellent résultat, une mise en confiance et un atout pour aborder l’épreuve de l’accouchement, ses conséquences éventuelles sur le bébé et la suite de la maternité.

L’analyse des gestes de maternage et des paramètres de gestion de l’environnement postural du bébé.

Elle est fondamentale dans les cas de P.P.P.P., car nous risquons de voir le bébé qu’après l’apparition de la déformation soit après la huitième semaine souvent beaucoup plus tardivement. Or la déformation, par un phénomène d’auto entretien, va encore évoluer négativement pendant quelques semaines. Ce type de plagiocéphalie se fabrique dès la naissance et s’exprimera dans une relation mécanique étroite avec le maternage et l’environnement postural qui tourne autour du couple couchage/portage.

Ce sera beaucoup moins évident pour les déformations visibles à la naissance (5e jour). Le modelage déjà opéré (vie fœtale ou naissance) semble en fait protéger le crâne d’une nouvelle déformation gravitationnelle. Cela signifie que nous rencontrons rarement des plagiocéphalies mixtes.

Cette hypothèse est d’ailleurs fort intéressante car dans certains cas de très bonne récupération des pertes de mobilité surtout consécutives à la naissance, le crâne peut brusquement se « re-déformer » mais cette fois sous l’impact de son propre poids, des positions posturales et du mode de couchage. A méditer !

Aujourd’hui, notre action globale vise clairement la mise en place de conditions de vie qui anticipent les risques de déformations ou qui participent pleinement à nos traitements pour en pérenniser les effets et les améliorer.

Pour réaliser ce projet sur les plagiocéphalies il a été nécessaire d’élaborer une ébauche de classification des principales plagiocéphalies rencontrées et d’établir une première série de tableaux cliniques. Il nous fallait développer une stratégie de prévention. Les mesures spécifiques s’appliquent à des temps très différents de notre champ d’application ostéopathique (femme enceinte, nouveau-né) et elles doivent être bien adaptées aux différents types de plagiocéphalie. Un Bibed Standard à la naissance pour un bébé qui présente un crâne en forme de banane ou modelé par un engagement au 5e mois et demi, qui n’est pas en mesure de changer cette forme, qui évoluera selon "la maquette de base" sans traitement ostéopathique et parfois même avec. Certains parents peuvent constater une rotation préférentielle mais la grande majorité d’entre eux ne voit pas les asymétries avant quelques semaines.

Ces tableaux cliniques contiennent des informations sur la période périnatale où le modelage s’est effectué, la différentiation des différents modes de contraintes qui ont imprimé la structure osseuse et l’ensemble tissulaire du corps, les différentes qualités de réactions tissulaires qui en découlent, les moyens de prévention adaptée, les traitements et techniques qui sont appropriés et spécifiques, les probabilités d’évolutions corrélées à l’âge du bébé, les effets secondaires prouvés ou supposés.

Ces tableaux sont des outils efficaces pour établir un moyen de communication avec les différents intervenants de la périnatalité. Cela signifie qu’il existe bien des types différents de plagiocéphalies et que nous devrions pour les traiter au mieux, être en mesure de les reconnaître cliniquement. Ceci peut se faire à partir d’éléments visuels accessibles à tous les professionnels de la périnatalité. Les thérapeutes manuels formés auront la possibilité de corroborer ces classifications avec leurs propres critères spécifiques en relation avec leur toucher palpatoire ou perceptuel. De cette reconnaissance des particularités des plagiocéphalies découlent l’ensemble des informations qui devraient être données aux parents. Il est nécessaire de se former à cette observation et qu’elle soit validée par des équipes interdisciplinaires.


À retenir

La plagiocéphalie ne doit pas rester une simple définition anatomique mais être considérée comme une véritable pathologie avec des formes variées.

Les bénéfices se feront sentir autant chez l’ostéopathe pédiatrique expérimenté parce qu’il y voit des réponses à certaines de ses questions et des outils d’accompagnement de sa pratique, que chez nos plus jeunes collègues parce qu’ils ont une compréhension immédiate des principes et que les solutions apparaissent évidentes. Le Bibed est une démarche de formalisation réalisant ce que chacun a proposé plus ou moins de façon parcellaire avec des bouts de conseils et de serviettes pliées.

Les bibeds sont brevetés en France et en Europe. www.bibed-concept.com


Le Site de l'Ostéopathie remercie l'auteur, Alain Gautier et le Directeur de la revue Référence Ostéopathie, Frédéric Zénouda, de lui avoir donné l'autorisation de reproduire cet article



Mise à jour le Vendredi, 23 Décembre 2011 16:07  

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