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Faut-il coucher les bébés sur le dos ?, Dr Jean-Marc Retbi, Journal International de Médecine* www.jim.fr
Mise au point de Roselyne Lalauze-Pol DO, Séverine Lambert DO, Dr PatricK Fellus Coucher les nourrissons sur le dos ne leur déforme pas le crâne ! et commentaire de Nicette Sergueef DO, Kenneth E Nelson DO (US), Thomas Glonek PhD.
Faut-il coucher les bébés sur le dos ?
Article du Journal International de Médecine*
www.jim.fr
L’augmentation de l’incidence des déformations du crâne du nourrisson , à type de plagiocéphalie ou plus rarement de brachycéphalie, est généralement attribuée au coucher en décubitus dorsal, recommandé pour prévenir la mort subite du nourrisson. Les choses ne sont peut-être pas si simples que cela, comme le montre l’étude de van Vlimmeren et coll.
Cette étude hollandaise, monocentrique et longitudinale a pour but d’identifier les facteurs de risque des plagiocéphalies dites positionnelles (PP) au cours des sept premières semaines de vie. En sont exclus les prématurés, les torticolis congénitaux et les brachycéphalies. Deux bilans sont effectués, l’un à la naissance, l’autre à 7 semaines. La PP est définie par un rapport des deux diamètres obliques du crâne ? 1,04.
Sur les 400 nourrissons « recrutés », 380 subissent les deux bilans (à noter que parmi les « perdus de vue », figure une craniosténose). De la naissance à 7 semaines, l’effectif des PP passe de 23 à 84, compte tenu de la régression de 14 PP néonatales et de l’apparition de 75 PP. Le côté droit de l’écaille de l’occipital est le plus souvent aplati (2/3 des cas, à sept semaines). La mobilité passive de la tête est toujours conservée. Les PP affectent majoritairement des garçons et des premiers nés, et, à la naissance, des brachycéphales. A sept semaines, cinq autres facteurs de risque s’associent aux PP de façon significative en analyse multivariée : une tête toujours tournée du même côté pendant le sommeil (Odds Ratio=7,5 ; Intervalle de Confiance à 95%=3,94-14,37) et sur la table à langer ; l’alimentation au biberon et la présentation du biberon toujours du même côté ; un nombre de fois où l ’enfant, éveillé , est mis sur le ventre < 3 par jour. La rapidité des acquisitions psychomotrices, appréciée par le z score de l’Alberta Infant Motor Scale, semble exercer un effet protecteur vis à vis des PP. Surtout, une PP à la naissance ne permet pas de prédire une PP à sept semaines, et il n’existe pas de relation entre le coucher en décubitus dorsal et la survenue d’une PP !
Ce sont les deux résultats les plus importants de cette étude. Les critiques qu’on peut émettre sur les diagnostics néonataux de plagiocéphalie et de brachycéphalie, du fait du modelage du crâne dans l’accouchement par voie basse et du raccourcissement du diamètre antéro-postérieur du crâne en cas de PP, ne les affaiblissent pas. Hormis quelques formes congénitales, avec souvent une attitude de torticolis et d’autres malpositions, qui reflètent les contraintes subies in utero par le foetus, les deux principales déformations du crâne (plagiocéphalie > brachycéphalie) sont acquises pendant les premières semaines de vie. D’après ce travail, la PP est davantage due à une position préférentielle de la tête et à de "mauvaises" techniques de soins et d’alimentation au biberon, qu’au coucher en décubitus dorsal. L’inexpérience des mères, la mauvaise interprétation du message sur le coucher jouent probablement un rôle favorisant. La « back campaign » ne concerne que le sommeil : un petit nourrisson éveillé peut être mis sur le ventre quand il est sous contrôle de la vue, ce qui favorise son développement psychomoteur et prévient une PP. On peut espérer éviter ou corriger une déformation du crâne en variant les positions de la tête et en modifiant les techniques de soins et d’alimentation, mais il faut intervenir vite parce que le crâne du nouveau-né est très malléable.
Dr Jean-Marc Retbi
Copyright © www.jim.fr
Lire l'article du JIM au format PDF
Van Vlimmeren LA et coll. « Risk factors for deformational plagiocephaly at birth and at 7 weeks of age : a prospective cohort study » Pediatrics 2007 ; 119 : 408-418
* Publier avec l'autorisation du Journal international de Médecine
Coucher les nourrissons sur le dos ne leur déforme pas le crâne !
Mise au point
Le titre du Dr Retbi résumant l'article [du JIM ci-contre] est très racoleur, cependant, quand on lit l'article complet de Van VLIMMEREN LA et al, en anglais, il est beaucoup plus pondéré et définit les facteurs de risque, notamment l’absence de nursing approprié du nouveau-né.
Voici le titre initial :
« Les facteurs de risque pour développer une plagiocéphalie posturale entre la naissance et 7 semaines: étude prospective. » [1]
Le résumé parut dans JIM.fr devrait plutôt avoir comme titre :
"Coucher les enfants sur le dos ne leur déforme pas forcément le crâne, quand on prend soin d'avoir un nursing approprié »
Depuis 2002, bien avant d’autres professions, nous avons été nombreux à donner des conseils aux parents pour faire un nursing préventif. Ces conseils ont été élaborés avec des orthopédistes de l’Hôpital R. Debré à Paris.
Cependant, même avec un nursing approprié, environ 5 % des nourrissons développent encore une plagiocéphalie posturale, ce sont ces nourrissons que l’on retrouve dans nos cabinets.
Nous publions prochainement les résultats (scanner avant et après traitement ostéopathique) chez ces enfants pour qui la prévention, même bien conduite a été insuffisante.
Aujourd’hui il faut que nous soyons vigilants, il est nécessaire de lire les articles dans leur intégralité et ne pas se fier aux résumés qui parfois sont réducteurs.
Roselyne Lalauze-Pol DO
Séverine Lambert DO
Dr PatricK Fellus
1. Titre original : Risk factors for deformational plagiocephaly at birth and at 7 weeks of age: a prospective cohort study.
Commentaire de Nicette Sergueef DO, Kenneth E Nelson DO (US), Thomas Glonek PhD
A la suite de cet article et de la mise au point, nous avons reçu ce commentaire :
Bien que la plagiocéphalie posturale (PP) soit considérée comme étant le résultat de facteurs postnataux et environnementaux, nous aimerions rappeller que le déséquilibre fonctionnel asymétrique de la tête et de la colonne cervicale supérieure est tout aussi important dans son développement et son maintien. Les dysfonctions somatiques de ces régions, et l’asymétrie fonctionnelle qui en résulte, devraient être considérées comme facteurs étiologiques dans le développement d’une PP.
Nous avons publié récemment une étude qui démontre l'incidence des dysfonctions somatiques chez les patients présentant une PP. Nous trouvons une corrélation significative entre le schéma de latéral strain de la synchondrose sphéno-occipitale et les plagiocéphalies, et entre les dysfonctions de rotation de l’occiput sur l’atlas et le côté de la plagiocéphalie postérieure. Nous suggérons qu’un examen ostéopathique néonatal approfondi peut identifier les sujets prédisposés à développer une plagiocéphalie postérieure.
Nicette Sergueef DO
Kenneth E Nelson DO (US)
Thomas Glonek PhD
Although postural plagiocephaly (PP) is considered to be the result of postnatal and external factors, we would contend that asymmetrical functional imbalance of the head and upper cervical spine is also of importance in its development and maintenance. Somatic dysfunction in these regions, and its resultant functional asymmetry, should be considered as aetiologic factors for the development of PP.
We have recently published a study demonstrating the incidence of somatic dysfunction in patients with PP. We found a significant correlation between the lateral strain pattern of the spheno-occipital synchondrosis and plagiocephaly and between rotational dysfunction of the occiput upon the atlas and the side of posterior plagiocephaly. We suggest that thorough neonatal osteopathic examination can identify individuals predisposed to develop posterior plagiocephaly.
Nicette Sergueef DO
Kenneth E Nelson DO (US)
Thomas Glonek PhD
“Palpatory diagnosis of plagiocephaly.” Sergueef N, Nelson KE, Glonek T. Complement Ther Clin Pract. 2006 May;12(2):101-10. Epub 2006 Mar 29.
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