Impressions surréalistes….
Mercredi 6 novembre 2002, 21H.
Dans l’avion qui me ramène, je ne puis me départir d’un sentiment de malaise et d’un je ne sais quoi qui est là, présent en moi.
Nous sommes tous là pourtant, cette fois-ci, à nous être déplacés pour ces 2èmes états généraux de l’Ostéopathie. La décision de nous réunir à cette date a été avancée pour des raisons essentielles et l’organisation en souffre, c’est certain, puisque l’ordre du jour, peu d’entre nous l’a reçu ; il nous est donné à notre arrivée et encore incomplet !
Les absents du 19 septembre sont là. Je veux parler du Registre des Ostéopathes de France (ROF), du Syndicat des Ostéopathes de France (SFDO ex AFDO), de la Collégiale Académique de France (CadF) et de l’association de médecins ostéopathes Ostéos de France.
Et lorsque j’analyse mes impressions, ce malaise, je l’ai perçu d’emblée, dès la mise en place. Nous étions heureux de nous retrouver après le consensus de septembre. Mais comme nous sommes soucieux ! combien parmi nous pensons en silence : « que va-t-il se passer ? Arriverons-nous à nous entendre cette fois-ci ? »
La tension est perceptible sur les visages. Il n’y a pas cette gaieté, cette insouciance, cette allégresse qui étaient présentes précédemment. C’est pesant : voilà le terme !
Une pesanteur règne dans la salle un peu trop petite pour que tout le monde trouve une place autour des tables. Il faut même installer un deuxième rang.
C’est Armand Gersanois qui préside la séance accompagnée de Me Isabelle ROBARD, notre modératrice et de Dominique Blanc, notre secrétaire.
Les explications d’Armand Gersanois sur les raisons de cette réunion avancée (elle était initialement prévue en janvier 2003), sur les comptes rendus des réunions avec les divers représentants ministériels (dont on trouvera le compte rendu dans les jours qui suivent) n’apaisent pas le malaise ambiant. Au contraire, certaines explications sur l’enquête de représentativité des organisations d’ostéopathes lancée par le Ministère de la Santé l’accentuent et il y a des mouvements divers qui se manifestent dans la salle.
A la pause, je rencontre mon ami Jacques Lapouméroulie et je lui dis en aparté « Ils vont trouver un prétexte pour partir ! » Ce n’est pas une prémonition, je n’ai pas cette qualité là, mais une simple observation de ce qui se passe sous nos yeux.
Je suis triste de voir cette division sous couvert qu’ « ils ne savaient pas, qu’ils n’ont pas reçu mandat pour participer à l’assemblée constitutive de la Coordination nationale des ostéopathes (CNO) » et ma tristesse s’accentue lorsqu’ils quittent la salle.
Une fois encore les ostéopathes se trouvent divisés pour des futilités de procédure, des a priori, des pseudo-stratégies politiques….
Mais n’y a-t-il donc pas moyen de dépasser ces divergences de pacotille ? et encore existent-elles vraiment ces divergences ?
« Qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage ! » dit le proverbe.
Que sont-ils donc venus faire à ces états généraux ? Apporter la division ? créer un malaise ? Dénoncer des manœuvres dilatoires ? Non !
Simplement dire NON.
NON au consensus,
NON à l’unité.
NON tout simplement !
Après leur départ, la pesanteur est restée. Le mal est fait et l’ambiance studieuse jusqu’au bout, ne s’en relèvera pas.
Bien sur la coordination nationale est née.
Bien sur ! ils pourront nous rejoindre s’ils le désirent, s’ils reçoivent mandat de leur Conseil d’Administration et de leur Assemblée Générale Extraordinaire.
Mais ne nous leurrons pas !
Les ostéopathes sont divisés et à un moment donné, certains participants ont attaqué les Kinés Ostéopathes. Le comble ! pour une profession dont 80% d’entre eux sont d’anciens kinés, ne l’oublions pas. Mais, n’ont-ils pas renié leur diplôme de Masseur-Kinésithérapeute Diplômé d’État (MKDE) ? Oublient-ils donc que c’est cette profession qui les a amenés à l’ostéopathie ? A renier ce que l’on a été, on arrive à ne plus comprendre l’autre !
Et c’est mon sentiment.
Je milite pour une profession d’ostéopathe à haut niveau de responsabilité, à compétences spécifiques, consultant de premier rang ( résolution n°2 du 19 septembre 2002), à formation Bac + 6, à 5 000 heures de formation pour les ostéopathes qui ne présentent pas de cursus médical ou paramédical, à 2 500 heures pour les ostéopathes ayant un diplôme de professionnel de santé (médecins et kinésithérapeutes) et je crie haut et fort que je suis également Kinésithérapeute au grand dame de ceux-là même qui nous renient.
Tous ces ostéopathes, dont je fais partie, ont crée une COORDINATION NATIONALE DES Ostéopathes. Nous avons voté les statuts, les vice-présidents des commissions ont été élus (j’ai été nommé Vice-Président de la Commission de l’Information en tant que webmestre du Site de l’Ostéopathie) le bureau a été élu : président, secrétaire, trésorier. Et c’est très bien comme cela.
COORDINATION NATIONALE DES Ostéopathes. Nous avons voté les statuts, les vice-présidents des commissions ont été élus (j’ai été nommé Vice-Président de la Commission de l’Information en tant que webmestre du Site de l’Ostéopathie) le bureau a été élu : président, secrétaire, trésorier. Et c’est très bien comme cela.
Mais alors, et sans vouloir en faire une question de personne et d’amour propre, pourquoi dans ces statuts, le Site de l’Ostéopathie n’est-il pas partie prenante au même titre que toutes les associations ici présentes et représentées et qui ont leur nom dans les dits statuts ?
Ah ! qu’ils étaient fiers, ces présidents, de parapher ces statuts et en cinq exemplaires et les signer de leur nom !
Je n’étais pas de la fête ce soir !
Et je reste avec ma pesanteur.
Ce soir, je reste donc avec ma pesanteur et je suis dans l’avion du retour. Je n’ai pas retrouvé cette générosité, ce partage des États Généraux de septembre. C’est à ce moment-là que je me suis souvenu de cette phrase du Prof. Axel KAHN :
« La filiation humaine est le lieu où s’écrit le sens de l’autre, l’altérité au quotidien. […] Le Bien, c’est ce qui contribue au souci de l’autre. Cet autre auquel je suis indispensable, mais aussi qui m’est indispensable ». [1]
Aujourd’hui, les ostéopathes avaient oublié cela !
Et je comprends enfin mon malaise :
Le cœur était absent des états généraux !
Jean-Louis BOUTIN
Note
[1 ]- Interview du Prof. Axel KAHN, Actualité des Religions n° 43 novembre 2003, p. 49.
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