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L'asthme et les pathologies du système immunitaire et comportementales - IV - Observation de la statique
Jacques R. GESRET* article paru dans la revue OSTÉO n° 43 - Octobre 1996
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Ostéo, la revue des ostéopathes - Proédit, Espace Grobet - 50, rue Louis Grobet - F - 13001 MARSEILLE - Tél.: 00 33 (0)4 91 08 50 95 - Fax : 00 33 (0)4 91 08 55 84 - www.osteo-larevue.com * Auteur de « Asthme, Recherche fondamentale et nouvelles thérapeutiques des pathologies du système immunitaire », Ed. de Verlaque septembre 1996. - Site : http://asthme-reality.com Tous nos remerciements à Michel COQUILLAT, Directeur de publication, et à Jacques GESRET pour leur autorisation à reproduire cet article. |
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IV - Observation de la statique*
* «L'asthmatique et son vice de constitution», 1993, consultable à l'Académie Nationale de Médecine, Paris.
L'examen clinique d'un asthmatique ne peut laisser sous silence les temps classiques que constituent l'inspection et la palpation. Nous sommes toujours restés attachés à ce vieux principe qui nous a permis de dégager cliniquement une constante : les asthmatiques sont porteurs d'une ampliation thoracique asymétrique portant sur les trois premiers étages dorsaux. Pour arriver, le plus facilement, à ce résultat nous nous contentons d'apposer simultanément la pulpe de nos pouces sur les deux hémithorax, au niveau des synarthroses costochondrales, et de demander au sujet d'exécuter des mouvements respiratoires de grande amplitude. Le déficit comparatif d'amplitude d'un des deux hémithorax observé face antérieure nous entraîne à inspecter et palper la face postérieure du thorax.
Une confirmation nous y attend : la réduction de mobilité des trois premières vertèbres dorsales. Pour faire simple, tout ce passe comme si, à la suite d'une rotation horaire et segmentaire du haut du buste autour de l'axe rachidien et dans un plan transversal : un des deux hémithorax se trouvait dans une position de postériorité fixée.
Quelques notions de neurophysiologie
En reprenant la littérature, nous avons voulu savoir quelles pouvaient être les conséquences de cette constatation.
Répercussion en surface d'une atteinte profonde

Par surface nous entendons de façon segmentaire le rachis, la peau, les muscles, par profond des viscères sous le contrôle du myélomère.
Les différences coupes transversales du thorax de Lazorthes (figure 2) viennent à point nommé pour nous rappeler l'innervation du segment mobile de Junghanns et l'importance du rôle que peuvent jouer les branches postérieure et antérieure du nerf rachidien ainsi que le nerf sinuvertébral. Mais laissons parler l'auteur de la notion de douleurs d'origine viscérale projetées à la peau, et de contracture pariétale réflexe : « l'atteinte d'un viscère peut se traduire par une « douleur rapportée » qui se projette dans le territoire cutané pariétal appelé dermatome correspondant au segment médullaire ou myélomère auquel aboutissent les voies sensitives du viscère ». « Une contracture pariétale réflexe représente la réponse des neurones moteurs du myélomère correspondant aux voies centripèdes sympathiques irritées ».
L' illustration la plus fameuse est le point de Mac Burney qui se trouve avec une précision neurologique à l'union du 1/3 inférieur et des 2/3 supérieurs sur le trajet d'une ligne unissant l'épine iliaque antérosupérieure droite à l'ombilic, et quelque soit la localisation de l'appendice enflammé.
Répercussion profonde d'une atteinte de surface
Si la projection à la peau et aux muscles d'une atteinte viscérale sont des tableaux connus, il nous reste à savoir ce que pensent les auteurs du phénomène inverse, le retentissement sur un viscère d'une dermalgie-réflexe de Jarricot et ou d'une contracture : « Une action sur une zone de projection cutanée peut calmer la douleur d'un organe profond ». « L'irritation ou la compression des éléments du trou de conjugaison par les différents dérangements du joint intervertébral est responsable de nombreux désordres douloureux, d'origine rachidienne ».
Essai de synthèse
Nous entrevoyons le rôle éminent du système sympathique et plus particulièrement du ganglion latérovertébral : « puisque c'est lui qui permet la projection périphérique d'un influx autonome », mais « il demeure soumis à l'action hypothalamique antérieure ».
Il présente enfin un intérêt neurologique capital. Grâce à lui, nous pouvons maintenant succinctement définir les trois entités neurologiques que sont : le myotome, régi par le motoneurone somatique, le viscérotome régi par le motoneurone autonome, le dermatome, régi par la juxtaposition du protoneurone extéroceptif et du deutoneurone périphérique. Ils dépendent tous trois d'un même segment médullaire ou myélomère. Que l'on ne si trompe pas ceci est l'explication de la réflexothérapie, qui est la traduction de la veille acupuncture chinoise sur la base de nos acquis occidentaux d'embryo-anatomo-immunoneurophysiologie.
Rôle du système autonome sur l'appareil respiratoire Le système sympathique étant en première ligne, révisions sa fonction spécifique au niveau des trois premiers métamères thoraciques. Une fois de plus Lazorthes nous éclaire : « d'après la plupart des auteurs (Brodie, Braeucker, Danielopolu) les fibres parasympathiques venues du pneumogastrique sont bronchoconstrictrices ; les fibres sympathiques venues des 2ème et 3ème segment médullaire dorsaux et qui traversent le ganglion étoilé et les ganglions thoraciques sont broncho-dilatatrices ». Nous tenons notre explication neurophysiologique : l'équilibre orthosympathique et parasympathique est rompu du fait d'une irritation segmentaire de la chaîne orthosympathique, les facteurs de risque d'une bronchoconstriction avec augmentation des sécrétions sont au premier plan, et la crise d'asthme guette.
Confirmations
Point déclencheur de la crise
Une pression exercée rythmiquement sur la luxation chondrocostale (postériorisé) de la 2ème ou 3ème côte, pendant des inspirations profondes, déclenche presque instantanément la crise d' asthme chez un sujet porteur de cette pathologie.
Point d'arrêt de la crise
Un massage lent et appuyé, exercé sur le rameau perforant latéral intercostal, du côté opposé au point de déclenchement, permet d'obtenir la sédation quasi immédiate de la crise d'asthme (quelques secondes à une minute). Ce point est situé sur la ligne axillaire, juste à l'entrée de l'aisselle (90 % à gauche, 10 % à droite ou bilatéral), étant douloureux il provoque un réflexe de « grimace » dès qu'il est détecté à l'aide de l'index. Son efficacité est surprenante.
Discussion
L'étude neurophysiologique, nécessaire pour démontrer le mécanisme de base qui relie l'attitude posturale, les restrictions de mobilité articulaires qui en découlent, leur répercussion sur les mécanismes nerveux du système périphérique et central, ainsi que la réaction de ces systèmes sur le système immunitaires a nécessité dix années de recherche.
J'avais tout de suite pensé et écrit dans mes travaux, dès 1985, que tous les systèmes étaient certainement étroitement imbriqués, que le système immunitaire dépendait du système central et que ses réactions étaient modulées et pilotées en fonction des informations du système périphérique.
En 1987, un chercheur américain, Marc E Gurney, mettait en évidence un neuropeptide sanguin qu'il nommait « neuroleukine ». Ce neuropeptide émis par le système sympathique, dans certaines circonstances, provoquait la survie de neurones moteurs immatures de la moelle épinière et de neurones sensitifs des ganglions spinaux ainsi que la différenciation des lymphocytes B en cellules productrices d'anticorps.
En 1995, les travaux de Goodkin sur la psychoneuroimmunologie démontrent que :
« la commande neurogène du système immunitaire passe par deux grandes voies : les efférences sympathiques et l'axe neuroendocrinien hypothalamo-hypophysaire », « une paralysie centrale ou périphérique, altère la classique symétrie topographique de la polyarthrite rhumatoïde en « protégeant » le membre déficitaire du développement de nouvelles lésions articulaires ».
Psychosomatique
La médecine psychique, devant certaines pathologies cliniquement inexplicables, a eu tendance à les qualifier de maladies psychosomatiques.
Pour quelles raisons exogènes, le système central répondrait-il par une pathologie cutanée ou viscérale ?
Le stress, voilà le maître mot est lâché. Notre civilisation baigne dans le stress, les uns le géreraient parfaitement (parfois jusqu' à l'infarctus !), les autres développeraient toutes sortes de maladies comme l'asthme, l'eczéma, le psoriasis, les maux de ventre, les migraines, les nausées, etc....
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