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Accueil Thérapeutique Mise en cause du crânien 5. Point de vue : MC McGrath

5. Point de vue : MC McGrath

Point de vue : McGrath MC

MC McGrath, DO, PdipBiomech, PDipOHP, MSc.

Department of Anatomy and Structural Biology, Otago School of Medical Science, University of Otago. Gt King St, Dunedin, New Zealand. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. '; document.write( '' ); document.write( addy_text13236 ); document.write( '<\/a>' ); //--> Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


Cette étude illustre la position qu’il n’y a aucune justification scientifique de l’ostéopathie dans le champ crânien (OCC), position qui a déjà été amplement décrite dans des publications.[1], [2], [3], [4], [5], [6], [7] Un modèle théorique alternatif  est proposé. Ce modèle expose la théorie que le mouvement des os crâniens est le résultat de « changements rythmiques dans la vasomotion artérielle, induisant des fluctuations de la pression sanguine à l’intérieur du crâne ». On propose que les changements de la pression artérielle dus à la systole cardiaque et à l’activité vasomotrice déplacent le cerveau et provoquent le flot de LCS. Ceci, associé à a la confirmation d’un léger mouvement des sutures et de l’adaptation des os du crâne est présenté comme offrant la possibilité d’une base théorique plus plausible. En dépit d’un nouveau modèle théorique, subsiste l’absence d’une validité démontrée dans la théorie de l’OCC et d’une pratique clinique allant bien au-delà d’un simple bricolage avec le modèle théorique.

Il est établi qu’il y a une évidence de l’adaptabilité et du mouvement des os du crâne. Cependant, il est biologiquement invraisemblable de suggérer un lien entre ceci et l’explication avancée par le nouveau modèle. Qu’un léger mouvement crânien se produise sous certaines conditions est indéniable. Ce sont les conditions selon lesquelles se produit ce mouvement qui constituent le point critique. Cohen et MacLean[8] donnent une description détaillée de la biologie des sutures crâniennes. Ces sutures s’emboîtent pour éviter la séparation des os de la calvaria sous des contraintes externes. Avec le vieillissement, les sutures sont de plus en plus solidaires, dû à la formation de spicules osseux et éventuellement, bien que pas forcément, se soudent complètement. Une caractéristique particulière de ce processus est la formation de spicules osseuses (ponts) dans la suture entre deux os contigus. Ces ponts peuvent souder la suture soit complètement, soit partiellement suivant toute sa longueur.  Par ailleurs, des masses calcifiées non cellulaires, irrégulières peuvent apparaître, isolées ou en agrégats coalescents, dans une brèche de suture, constituant une liaison entre les os et comblant la brèche suturale. Une soudure osseuse peut éventuellement se produire, interne ou externe au crâne, un manque de mouvement sutural constitue une caractéristique favorable entre les os du crâne, qu’il y ait ou non fermeture complète de la suture. La protection adéquate du SNC est en jeu. N’importe quel mouvement de suture ou déplacement osseux qui pourrait se produire le fait à la suite de contraintes externes appliquées considérables. Dans une étude de Losken et al. [9], une charge en traction de 50 kg a produit un déplacement de 1mm chez les lapins, accompagné d’une synostose crânienne retardée, équivalant à la fermeture de la suture humaine chez un sujet de 20 à 30 ans. Les sutures normales chez les lapins, considérées comme équivalentes à celles des enfants humains, demandent une force de 15 kg pour produire un mouvement de 1 mm. Ces efforts sont de plusieurs ordres de grandeur supérieurs à l’OCC, où on dit qu’une pression manuelle de 5 kg est nécessaire pour produire un déplacement de 50 microns.[10] De plus, sachant les os de la calvaria doivent bouger à une cadence et une amplitude suffisantes pour dépasser le seuil de perception tactile d’un examinateur humain, il est logique d’estimer que la pression intra-crânienne nécessaire pour provoquer le mouvement présumé des os du crâne soit de plusieurs ordres de grandeur supérieure aux valeurs établies de pression intracrânienne au LCS. Une telle valeur est non seulement invraisemblable biologiquement, mais serait incompatible avec la vie.

Ainsi, qu’est-ce donc qui est ressenti par le praticien d’OCC ? Je pense que l’on peut prouver que l’IRC est une manifestation du flux sanguin extra-crânien et un artéfact d’observation n’ayant aucune justification clinique. La littérature crânienne indique qu’il est difficile de palper l’IRC[11]p. 905 et nombreux en sont incapables. Le manque de fiabilité et de validité est constamment associé aux tentatives de détection de l’IRC,2, 4 et ceci pourrait venir du fait que l’IRC n’existe pas en tant qu’entité biologique propre. L’inconsistance observée dans cette découverte peut résider dans l’explication précédente disant que le phénomène de l’IRC est une interaction de phase extracrânienne constituée des oscillations THM entre l’examinateur et le sujet.[12] Sauf si une coïncidence de phase THM extra-crânienne se produit (schéma d’interférence positive) entre le flux sanguin extra-crânien du patient et le flux sanguin dans les mains de l’examinateur qui soit d’une amplitude suffisante pour dépasser le seuil de perception humain, alors l’examinateur ne ressentira rien. Les nombreux éléments variables associés au THM chez deux individus pourraient expliquer l’absence de cohérence, de fiabilité et de validité. Cette hypothèse reste à démontrer, mais une première indication [13] concernant la mesure du flux sanguin extra-crânien par débitmétrie Doppler laser au niveau du lobe de l’oreille semble crédible.

Dans la première partie de cette étude, on lit « il existe des milliers de praticiens OCC dans le monde et de nombreux patients qui semblent en bénéficier » ; la question reste donc entière : existe-t-il une base physiologique crédible pour cette pratique ? En fait, il y en a une : l’effet placebo [14], [15], [16], [17], [18], [19], [20] fournit une explication rationnelle et démontrable du bénéfice apparent associé à l’OCC. L’effet placebo est influence de façon significative à la fois par l’attente du patient et par le praticien. Si les deux croient à l’efficacité de la thérapie, alors cette croyance associée avec l’historique naturel du trouble et une régression vers le moyen peut conduire à des taux de réussite apparemment élevés qui peuvent être attribués faussement aux effets du traitement spécifique. Les causes véritables des améliorations des symptômes après traitement restent inconnues en l’absence d’essais contrôlés randomisés évalués de façon indépendante.14

En fin de compte, il n’existe aucun exemple en médecine ou en science où la simple observation d’une structure, sans quelque connaissance a priori de sa fonction et de son contexte, ait mené à la compréhension de son objectif. Sutherland a de prime abord observé les surfaces articulaires biseautées de l’os sphénoïde et a imaginé qu’elles étaient biseautées à la manière des ouïes des poissons…

« Comme j’observais et réfléchissais suivant la voie de la philosophie du Dr Still, mon attention fut attirée par les surfaces articulaires biseautées du sphénoïde. Soudain me vint une pensée ; je l’appelle pensée conductrice – biseautées comme les ouïes  des poissons, indiquant une mobilité articulaire pour un mécanisme respiratoire ».[21]

En procédant ainsi, il attribue illogiquement une signification et un contexte de fondation structurelle à une fonction uniquement imaginée (non observée).

Sans la connaissance a priori d’une montre en fonctionnement et de son but, il est impossible d’attribuer une fonction ou un sens à ses composants individuels compliqués. L’observation de la fonction conduit à une compréhension de la structure impliquée, elle attribue un contexte, une signification et un but à cette structure. Newton a observé la chute de la pomme et le mouvement de la terre autour du soleil, de la lune autour de la terre. Ces faits obtenus par les observations ont mené à des lois et des théories par raisonnement induit. L’existence de lois et théories permet de déduire des explications. Dans le cas de l’OCC, on aurait attendu qu’un large éventail d’observations de l’IRC aurait d’abord eu lieu, suivi de la recherche d’une base anatomique et physiologique appuyant une observation vraiment reproductible. Basées sur l’analyse subséquente de la suture de la calvaria, différentes déductions auraient ensuite pu être établies.

A défaut, pendant soixante ans, d’avoir satisfait à aucun critère de causalité[22] et de n’avoir offert aucune preuve clinique valide et fiable, le fruit de l’imagination de Sutherland seul constitue une raison suffisante pour décrire l’OCC comme l’un des meilleurs exemples de placebo. A une époque où prévaut la preuve, l’exigence d’une justification pour une pratique clinique est inévitable. Aucune preuve scientifique ne justifie la base théorique de l’OCC ou ne réfute le fait que sa pratique clinique soit autre chose que du placebo. L’éthique présidant à la continuité d’une telle pratique est sérieusement sujette à question. Le problème, c’est que l’OCC est maintenant passée dans le domaine de la croyance, où l’exercice de la science et du raisonnement semble avoir moins de place que la foi.

 


Notes

[1] Ferguson A. A Review of the Physiology of Cranial Osteopathy. Journal of Osteopathic Medicine. 2003; t5(2): 74-84.

[2] Hartman SE, Norton JM. Interexaminer Reliability and Cranial Osteopathy. The Scientific Review of Alternative Medicine. 2002;6(1):23 - 34.

[3] Hartman SE, Norton JM. Craniosacral Therapy !s Not Medicine. Physical Therapy. 2()02;82(11):1146- 1147.

[4] Green C, Martin CW, Basset K, Kazanjian A. A Systematic Review and Critical Appraisal of the Scientific Evidence on Craniosacral Therapy. Centre for Health Services and Policy research, British Columbia Office of Hearth Technology Assessment, The University of British Columbia; 1999.

[5] Rogers JS, Witt PL. The Controversy of Cranial Bone Motion. Journal Orthopaedic Sports Physical Therapy. 1997;26(2).

[6] Ferre JC, Barbin JY. The Osteopathic Cranial Crept: Fact or Fiction? Surgical and Radiologic Anatomy. 1992;13:165 - 170.

[7] Becker RF. Cranial Therapy Revisited. Osteopathic Annals. 1977;5(7):316 - 334.

[8] Cohen SP, MacLean RE. Craniosynostosis - Diagnosis, Evaluation and Management. 2nd ed: Oxford University Press; 2000.

[9] Losken HW, Mooney MP, Zoldos J, et al. Coronal Solute Response to Distraction Osteogenesis in Rabbits with Delayed Onset Craniosynostosis. Journal of Craniofacial Surgery. 1999; 10(1):27 37.

[10] Frymann VM A study of the rhythmic motions of the living cranium. Journal of the American Osteopathic Association. 1971;70(9):928945.

[11] Lay EM. Cranial Field. In: Ward RC, ed. Foundations for Osteopathic Medicine. Baltimore, Maryland, USA: Williams and Wilkins; 1997:901- 913.

[12] Nelson KE, Sergueef N, Lipinski CM, Chapman AR, Glonek T. Cranial Rhythmic Impulse Related to Traube-Hering-Mayer Oscillation : Competing Laser-Doppler Flo-try and Palpation. Journal of the Amercian Osteopathic Association. 2001;101(3):163 - 173.

[13] Dellon ES, Mourey R, Dellon AL. Human Pressure Perception Values for Constant and Moving One- and Two- point Discrimination. Plastic Reconstructive Surgery. 1992;90(1):112 -117.

[14] Turner JA, Deyo RA, Loeser JD, von Korff M, Fordyce WE. The Importance of placebo Effects in Pain Treatment and Research. Journal of the American Medical Association. 1994;271(20):1609 - 1614.

[15] 15. Benedetti F, Arduino C, Amanzio M. Somatotopic Activity of Opioid Systems by Target-Directed Expectations of Analgesia. Journal of Neuroscience. 1999;19(9):3639-3648.

[16] Polio A, Amanzio M, Arslanian A, Casadio C, Maggi G, Benedetti F. Response Expectancies in Placebo Analgesia and their Clinical relevance. Pain. 2001;93(1):77 - 84.

[17] Amanzio M, Polio A, Maggi G, Benedetti F. Response Variability to Analgesics : A Role for Non-Specific Activation of Endogenous Opioids. Pain. 2001;90(3):205 - 215.

[18] Long AF. Outcome Measurement in Complementary and Alternative Medicine : Unpicking the Effects. Journal of Alternative and Complementary Medicine. 2002;8(6):777 - 786.

[19] Norheim AJ, Fonnebo V. Attitudes to the Contribution of Placebo in Acupuncture - a survey. Journal of Alternative and Complementary Medicine. 2002;10(4j:202 - 209.

[20] Benedetti F. How the Doctor's Words Affect the Patient's Brain. Evaluation and the Health Professions. 2002;25(4):369 - 386.

[21] Sutherland AS. With Thinking Fingers. Indianapolis: Cranial Academy Originally published by Journal Printing Co. Kirksville, Mo 1962. ref. Sutherland W. G. 1939, “The Cranial Bowl”, New York Free Press.

[22] Hill AB. Principles of Medical Statistics. London: Lancet Ltd.; 1967.

 

Mise à jour le Lundi, 14 Septembre 2009 09:31  

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