L'enregistrement de l'onde de Traube-Hering et de la palpation crânienne simultanée
Daniel Fernandez, Masseur-Kinésithérapeute diplômé en Ostéopathie
Annette Lecine, Docteur en Médecine diplômée en Ostéopathie
Article paru dans la revue Ostéo n° 9 – Novembre 1990

Ostéo, la revue des ostéopathes
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Article reproduit avec l'autorisation de la revue OSTÉO
1. LES BUTS
Dans le cadre du laboratoire de palpitation (35 rue Lakanal à Pamiers dans l'Ariège), que nous avons mis en place en 1986, nous nous sommes fixés pour but de confirmer par des analyses objectives, expérimentales et reproductibles, nos impressions palpatoires subjectives, riches mais souvent controversées par des personnes ne possédant pas notre finesse du toucher.
Notre premier programme de recherche nous a permis de définir, grâce aux contrôles de l'échographie fonctionnelle, le mouvement de l'utérus soumis à la pulsion diaphragmatique, d'en décrire la physiopathologie et d'analyser ensuite les résultats des traitements mis en œuvre.(Cinésiologie Utérine, tome 1, Éditions de Verlaque)
Dans le même état d'esprit, nous avons cherché à comparer notre perception palpatoire de certains rythmes employés lors de nos séquences de bilans et de traitements, à des enregistrements effectués par des appareils scientifiques, afin de démontrer la réalité de nos dires.
2. LES RYTHMES
Notre pratique nous amène à analyser et à traiter l'harmonie des rythmes physiologiques humains. Il est capital pour suivre cette étude de les définir afin de les reconnaître.
Le rythme cardiaque
C'est un rythme que nous connaissons, que nous savons observer palpatoirement, dans des endroits différents du corps. Si nous effectuons des tests palpatoires au niveau de ce rythme, c'est pour en connaître:
- sa fréquence par minute, environ 70 pulsations en moyenne ;
- son amplitude ;
- sa force, sa direction ;
- ses décalages possibles entre les diverses parties du corps témoins de la façon dont ils se répercutent et cheminent dans les tissus ;
- ses variations d'un moment à l' autre. Ce travail sommaire peut être effectué pour tous les autres rythmes.
Le rythme respiratoire
Lui aussi est bien connu mais il est considéré habituellement d'une manière différente. Il peut faire l'objet de la même méthodologie d'examen que le rythme cardiaque. Sa répercussion peut être recherchée partout sur le corps, sur chaque membre et sur chaque viscère réagira à son impulsion.
Il est facile de différencier le rythme respiratoire du rythme cardiaque tant la fréquence est différente. La fréquence respiratoire est de 12 à 15 cycles par minute chez un sujet au repos. Comme pour le rythme cardiaque, il faut savoir en évaluer
l'amplitude,
la forme,
les décalages,
les variations.
Ces deux rythmes possèdent la particularité d'être des rythmes adaptatifs, variables d'un moment à l'autre selon les conditions de vie de l'individu.
Le rythme crânien
Décrit par les ostéopathes, il fait l'objet de notre programme de recherche d'aujourd'hui. Son rythme est décrit :
- Par Michael et Retzlaff comme ayant une fréquence de 5 à 7 cycles par minute.
- Par Mitchell comme durant 5 à 10 secondes, c'est-à-dire 6 à 12 cycles par minute.
- Par Upledger pour 6 à 12 cycles par minute.
- Par Magoun qui le compte à 10 à 14 cycles par minute.
Ce rythme est défini par des suites ininterrompues de flexions et d'extensions. Il varie très peu en fréquence pour un même sujet. Il n'est pas adaptatif et il ne peut être ni interrompu, ni modifié par la volonté. Ce rythme se répercute partout dans le corps et peut être examiné de n'importe quelle partie du sujet. L'amplitude et la forme peuvent se modifier mais cela ne sera pas l'objet de notre étude.
3. DÉFINITION SOMMAIRE DE LA FLEXION ET DE L'EXTENSION CRÂNIENNE

Flexion et extension globale d'après Upledger.
Pour suivre notre expérimentation, il suffit de savoir que :
Au niveau des os pariétaux, ce rythme est décrit d'une façon homogène par les différents auteurs comme un écartement latéral de la structure pendant la phase de flexion du cycle et un resserrement latéral pendant la phase d'extension du cycle (par convention personnelle, nous avons dit flexion, au moment de la sensation d'écartement maximum des os pariétaux ; nous avons dit extension, au moment de la sensation de resserrement maximum des mêmes os).
Au niveau des membres inférieurs, la phase de flexion se définit par une rotation externe des deux membres. Pendant la phase de flexion on perçoit une rotation externe des membres en même temps qu'une expansion des tissus. Pendant la phase d'extension, une rotation interne des deux membres en même temps qu'une rétraction des tissus. Ces mouvements sont uniquement perçus manuellement et ne peuvent en aucun cas être perçus visuellement.
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