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3. L’invention du MRP

Invention du Mécanisme Respiratoire Primaire (MRP)

Auteur : Jean-Louis BOUTIN

© Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie

C'est à William G. SUTHERLAND (1873-1954) que nous devons la découverte de l'ostéopathie crânienne.

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William Garner Sutherland (1873-1954)

La découverte

« Mes travaux sur la mobilité articulaire crânienne remontent à 1899, alors que j’étais étudiant à l’American Scholl of Osteopathy, à Kirsville dans le Missouri. L’idée naquit alors que j’examinais les os d’un crâne désarticulé appartenant au Dr Andrew Taylor STILL, en exposition dans le Hall Nord de l’A. T. Still Infirmary Building. Les surfaces articulaires de ces os semblaient m’indiquer qu’ils étaient conçus pour une mobilité articulaire » [1].

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Crâne désarticulé d'un adolescent de 16 ans

« Un jour que Will se rendait dans la  salle de cours, il s'arrêta devant une vitrine d'exposition dans le Hall Nord. Il procédait toujours ainsi lorsqu'il en avait le temps. Dans la vitrine se trouvaient des os de la collection du Dr Still. Son attention se posa, comme souvent, sur un crâne aux os articulés. Ils étaient montés en place, avec leurs relations mutuelles correctes, mais légèrement séparés, pour permettre une meilleure observation quant à la nature de leurs articulations. Cependant, ce matin-là ne fut pas comme les autres matins. En contemplant les os, une particularité saisissante et d'une qualité convaincante retint son attention. Se souvenant, il raconte :

« Alors que je restais à contempler, tout en pensant, inspiré par la philosophie du Dr Still, mon attention fut attirée par les biseaux des surfaces articulaires de l'os sphénoïde. J'eus soudain cette pensée - comme une pensée guide - "biseautées, comme les ouïes du poisson, indiquant une mobilité pour un mécanisme respiratoire"».

« Comme la pensée peut être folle parfois ! Mobilité ? Dans les os du crâne ? Dans une telle voûte ?» se dit-il en lui-même. Et bien que cette pensée lui semblât saugrenue, elle l'intrigua. Cependant, il la chassa d'un haussement d'épaules et s’en fut vers sa classe. Il avait bien d'autres choses importantes à apprendre.

« À son profond mécontentement, il ne pouvait s'en délivrer aussi facilement. La « folle pensée » gagnait du terrain : biseautées... comme les ouïes d'un poisson... indiquant une mobilité articulaire... pour un mécanisme respiratoire. Sa persistance était irritante. Se parlant à lui-même, il se dit que tout cela était ridicule et pour s'autodiscipliner argumenta en lui-même : « Oublie ça, tu es un vrai ballot. Reprends-toi. Tu sais très bien que tous les textes disent que les os du crâne sont articulés de manière fixe sauf la mandibule ». Oui, il savait... « mais pourquoi ce biseautage, si ce n'est pour un but précis ? Pourquoi ce but ne serait-il pas une disposition pour le mouvement? »[2]

Ainsi s’exprime Sutherland sur les prémisses de sa découverte. Il passera sa vie à essayer de démontrer son « intuition ». Son approche est et restera, tout au long de son existence, une approche « expérimentale » de la vie de la structure[3].

Description

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Le Mécanisme Respiratoire Primaire

« Dès le début de ce siècle, un ancien journaliste devenu l’élève du Dr Still, William Garner Sutherland, eut l’idée de ce qu’on appelle assez improprement "l’ostéopathie crânienne".

Ce qu’il découvrit en partant de la simple observation des contacts anatomiques des os du crâne, à savoir :

l’évidence de mouvements physiologiques entre ces os,

le rôle tenseur et stabilisateur des membranes crâniennes et spinales,

l’existence d’un point d’appui mobile commun à toutes ces membranes,

l’unité de fonction entre le crâne et le sacrum,

l’existence d’un mécanisme respiratoire "primaire" dirigeant et contrôlant le mécanisme respiratoire pulmonaire "secondaire" et en fait toutes les grandes fonctions du corps,

l’action physiologique transcendantale du liquide céphalo-rachidien.

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Faux du cerveau et tente du cervelet

Et la façon dont il étendit la portée de ces découvertes à l’ensemble du corps humain, les fascias et les aponévroses prolongeant jusqu’aux extrémités le rôle des membranes crâniennes et spinales ; que tout cela soit l’œuvre d’un seul homme, expérimentant sur lui-même et sans l’aide des instruments scientifiques modernes, ne cessera jamais de nous étonner et de nous combler d’admiration et de reconnaissance » [4].

Cinq éléments

Le Mécanisme Respiratoire Primaire se compose des 5 éléments suivants :

  • La triade motrice :
  • Le mouvement inhérent du cerveau
  • La fluctuation du Liquide Céphalo-Rachidien (LCR)
  • Les tensions réciproques des membranes crâniennes et rachidiennes
  • Les conséquences

Le mouvement des os du crâne

Le mouvement du sacrum

C'est cet ensemble que nous appelons Mécanisme Respiratoire Primaire ou M.R.P., souvent appelé  "mécanisme crânio-sacré" ou encore "respiration crânienne".

1. C'est un mécanisme : une combinaison de pièces osseuses, ligamentaires, musculaires, membraneuses et fasciales qui produit un mouvement déterminé.

Une précision : Mécanisme n’est pas mouvement ! Certains confondent les deux termes ; or, il n’est jamais question de mouvement mais de mécanisme, ce qui n’est quand même pas la même chose.

2. Respiratoire : par analogie avec la respiration pulmonaire, il est constitué de deux phases :

une phase de contraction appelée FLEXION - ROTATION EXTERNE;

une phase de relâchement appelée EXTENSION - ROTATION INTERNE.

3. Primaire : dans le sens étymologique de premier :

hiérarchiquement : il commande à l'ensemble du corps et, en particulier, il dirige le mécanisme de la respiration pulmonaire;

chronologiquement : il existe avant la naissance et se prolonge environ 15 min quand tout signe de vie a disparu.


NOTES

1. W. G. Sutherland, Textes fondateurs de l’ostéopathie dans le champ crânien, Sully, Vannes 2002, p. 119.

2. Adah Strand  Sutherland, Avec des doigts qui pensent, in Textes fondateurs de l’ostéopathie dans le champ crânien, Sully Vannes 2002, p. 40.

3. « Je ne pouvais pas accomplir ces expériences sur d'autres crânes que le mien. Il me fallait expérimenter sur une tête vivante parce que je voulais obtenir une connaissance que le crâne mort d'un spécimen de laboratoire ne pouvait me procurer. Pour prouver que le mouvement entre les os d'un crâne vivant est impossible, il me fallait accumuler du savoir sur beaucoup de choses. Si j'avais testé ces choses sur d'autres personnes, je n'aurais obtenu que de l'information ; eux auraient eu la connaissance » (Sutherland 1990, 4-5), cité par Pierre TRICOT, Le mécanisme respiratoire primaire existe-t-il ?, ApoStill, le journal de l’Académie, n° 6, mars 2000, p. 36.

4. J. Andréva Duval, Introduction aux techniques ostéopathiques, Maloine, Paris, 1976, p. 14-15.

Mise à jour le Dimanche, 06 Septembre 2009 16:47  

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