Introduction à l'ostéopathie dans le champ crânien
Auteur : Jean-Louis BOUTIN
© Jean-Louis Boutin et le Site de l'Ostéopathie
L’ostéopathie dite crânienne, depuis son « invention » par W. G. SUTHERLAND (1873-1954), a souvent été décriée : aucune preuve scientifique des mouvements des os du crâne décrits par les ostéopathes n’a été apportée ; qui plus est, nombre d’ostéopathes ne croit pas à l’existence de cette mobilité crânienne, la réfute, la nie voire la dénie. Pourtant, cette médecine, prise souvent comme une imposition des mains sur la tête d’un patient, apporte un soulagement chez nombre de patients et notamment chez les tout jeunes patients que cette médecine soigne : torticolis congénitaux, reflux gastrique du nourrisson, perte du sommeil, problèmes ORL, asthme, etc. Mieux encore, les ostéopathes avec l’association Enfant Handicapé Espoir Ostéopathique (EHEO) [1] traitent toutes les semaines dans la plupart des régions françaises des enfants handicapés et l’apport de l’ostéopathie à ces jeunes enfants n’est pas négligeable.
Alors, qu’en est-il aujourd’hui de l’ostéopathie dite crânienne si contestée dans les milieux médicaux, ostéopathiques et scientifiques puisque certains l’accusent même d’être une pseudo-science [2] ? Y a-t-il eu des études scientifiques qui démontrent cette théorie ? Qu’en est-il aujourd’hui de ce concept ? Faisons donc le point sur les nombreux travaux qui ont vu le jour dans le monde entier concernant divers paramètres et composants de la théorie crânienne.
Question de vocabulaire
C’est très improprement que l’on emploie le terme d’ostéopathie crânienne comme s’il suffisait à l’ostéopathe de poser ses mains sur le crâne d’un patient et de ne s’occuper que de sa tête pour que tout soit résolu ! L’ostéopathie envisage l’être humain dans sa globalité : il n’y a pas de spécialité ostéopathique [3] et nous n’avons pas d’ostéopathe spécialisé dans le crânien même si certains n’exercent que ces techniques, pas plus que d’ostéopathe spécialisé en viscéral, en gynécologie, en pédiatrie, en techniques structurelles ou fonctionnelles, etc. C’est donc bien une erreur de langage que de parler d’ostéopathie crânienne et à plus forte raison, d’ostéopathe crânien.
C’est la raison pour laquelle, nous ne parlons pas d’ostéopathie crânienne, mais d’Ostéopathie dans le champ crânien.
Rappelons ce que Sutherland lui-même disait : « Prenez conscience du fait que le concept crânien n’est pas une spécialité. Il est inclus dans la science de l’ostéopathie pour le bénéfice de vos patients » [4].
Notes
1. EHEO : www.eheo.org
2. BRISSONNET Jean, L'ostéopathie, médecine holistique ou outil thérapeutique, Revue Sciences et pseudo-sciences n° 241, mars 2000, repris sur le Site de l’Ostéopathie www.osteoapthie-france.net/Information/tribune-osteo.htm . Voir également l'AFIS, Association Française pour l'Information Scientifique (AFIS) www.pseudo-sciences.org
Cet article est publié sur le site : L'ostéopathie, médecine holistique ou outil thérapeutique
3. Il est à noter que l’Angleterre est actuellement en train de mettre en place un système de différentes sous-spécialités pour les ostéopathes.
4. Wales Anne (Ed), 1990. Teaching in the Science of Osteopathy. Portland (USA) : Rudra Presse, p. 98, ISBN : 0-915801-26 - Cité par Pierre TRICOT, Approche tissulaire de l’ostéopathie, Un modèle du corps conscient, Sully, Vannes, 2002, p. 87. ISBN : 2-911074-40-8.
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