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L'Impulsion Rythmique Crânienne (IRC)
Auteur : Jean-Louis BOUTIN
« L'IRC, l'impulsion rythmique crânienne, est un terme qu'ont employé John et Rachel Woods pour décrire une mesure palpable et enregistrable des os pariétaux. Le but était d'identifier un phénomène qui pouvait être constaté par un médecin, quelque chose de comparable au pouls radial qui ne demandait pas une compréhension du mécanisme respiratoire primaire ou une acceptation du mouvement des os du crâne ou encore une connaissance de la fluctuation du liquide céphalo-rachidien. L'expression IRC se réfère donc à ce mouvement palpable que l'on enregistre aux os pariétaux et ne peut, par ce fait, décrire tout autre mouvement ailleurs dans le corps. Le mouvement du mécanisme respiratoire primaire peut, lui, être perçu à travers tout le corps car le liquide céphalo-rachidien et la lymphe circule partout et la continuité de la dure-mère et des fascias s'exprime dans tous les endroits du corps » [1].

[1] Cette précision importante a été donnée par le Dr Michael Burrano, DO, président du Sutherland Teaching Fundation dans le Revue Midline, revue de la Société Sutherland du Canada, volume 2 numéro 1, automne 2000, p. 23.
La description de Magoun [2]
«Les impulsions rythmiques crâniennes sont détectées par une palpation très légère, passive (kinesthésique), bimanuelle, du crâne. Nous utilisons habituellement un contact palmaire sur les surfaces latérales des os pariétaux et la partie squameuse des os temporaux. Le principal contact est entre les éminences hypothénar et les régions palmaires d'une part, et, d'autre part, les régions immédiatement postérieures et en direction caudale par rapport aux éminences pariétales. L'éminence hypothénar étant moins utilisée pour le toucher semble être plus sensible aux sensations kinesthésiques. Le contact des extrémités des doigts est évité. Les impulsions semblent exercer une poussée intermittente ou une force d'expansion sur les paumes, comparables aux contractions utérines intermittentes de la fin de la grossesse, mais beaucoup moins faibles et beaucoup plus courtes.

Revue Atman n° 2
«Habituellement, ces impulsions peuvent être le mieux senties lorsque le sujet est couché sur le dos sur la table d'examen, et l'observateur assis à la tête de la table, ses avant-bras reposant sur la table. Une relaxation complète du corps de l'observateur, en particulier des bras, est importante dans la reconnaissance kinesthésique passive des impulsions. Si les surfaces palmaires des poignets se trouvent à 2 ou 3cm l'une de l'autre, juste au-dessus du sommet du crâne, il y a moins tendance à un contact digital avec la tête. II est souvent difficile de maintenir le contact passif très léger pour ceux habitués à une palpation tactile plus active. »
Selon les études faites au Still Hildreth Osteopathic Hospital sur un groupe de patients psychiatriques, Magoun trouve un rythme de 6,7 par minute alors que pour le groupe témoin, la mesure est de 12,47. La vitesse normale chez un adulte sain est de l’ordre de 10 à 14 pulsations/min ; chez les enfants la vitesse est plus élevée. Divers facteurs influencent le rythme des IRC ; l’inhalation d’oxygène augment la vitesse alors que l’inhalation de CO2 la diminuent. De fortes émotions perturbent les IRC jusqu’à les interrompre momentanément (jusqu’à 20 sec.) tout comme la perte de sommeil.



