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Le cerveau vu par Swedenborg et le concept crânien de Sutherland : 1e partie

E. Swedenborg - Le Cerveau - Tome 2

Le cerveau vu par Swedenborg et le concept crânien de Sutherland
Le paradigme du cerveau selon Swedenborg

Auteur : David B. Fuller [1] - Traduit de l’américain par Pierre Tricot, décembre 2009.

© Jean-Louis BOUTIN et le Site de l’Ostéopathie pour la version française.

Titre original : Swedenborg’s brain and Sutherland’s cranial concept, paru dans la revue The New Philosophy, Octobre-décembre 2008, pp. 619-650 (format pdf).


Le Site de l'Ostéopathie remercie particulièrement David B. Fuller de l'avoir autorisé à traduire et publier cet article.
Nous remercions Pierre Tricot pour sa traduction de l'article de D. Fuller.


Le paradigme du cerveau selon Swedenborg

Introduction

E. Swedenborg - Le Cerveau - Tome 2

Dans Le cerveau et d’autres écrits se trouvent développés de nombreux concepts fondamentaux concernant les idées de Swedenborg. Bien que quelques unes de ces idées relatives au cerveau aient été discutées au cours des ans, aucun résumé de son paradigme sur le cerveau n’a été établi. Dans cet écrit, la majorité des références utilisées concernant Swedenborg proviennent de son ouvrage Le cerveau, mais certains autres ouvrages seront également cités, notamment De Cerebro. Ce qui suit résume l’essentiel du paradigme de Swedenborg sur le cerveau. Notre propos n’est pas d’évoquer toutes les idées de Swedenborg sur le cerveau, sujet qui dépasserait largement les limites de la présente étude. (1)

Dans ses écrits théologiques, Swedenborg développe ses idées concernant l’interaction de l’âme et du corps. Cependant, la présente discussion met délibérément l’accent sur ses écrits scientifiques, parce que ceux-ci semblent avoir eu une influence évidente sur Sutherland. Suivant la coutume des spécialistes de Swedenborg, toutes les références à ses écrits se font par numéros de paragraphes plutôt que par numéros de page.

Séries de degrés

Le premier concept important du livre de Swedenborg Le cerveau, est celui des degrés en séries. Ce concept imprègne ses écrits sur l’anatomie, tout particulièrement ceux qui sont centrés sur le cerveau et il a aidé Swedenborg à développer ses remarquables intuitions. Ultérieurement, ce concept est également devenu un élément clé de ses écrits théologiques.

Dans Le cerveau, Swedenborg décrit chacune des grandes séries de degrés comme ayant trois niveaux, donnant un degré supérieur, un moyen et un inférieur. Swedenborg a nommé le degré le plus élevé d’une série « la fin, » (2) le degré moyen « la cause, » et le degré inférieur, « l’effet. » Ainsi, chaque série de degrés comporte une fin, une cause et un effet. À partir du degré le plus élevé, les idées les plus universelles et idéales, se déversent vers les degrés inférieurs. Les degrés inférieurs sont, en retour, des représentations des degrés supérieurs. (3)

Correspondance et harmonie co-établie

Un important corollaire à ce concept, est celui de la co-réponse (4), ou correspondance. Dans toute série, le degré le plus élevé contient le principe ou fin, qui tient sous sa dépendance ce qui est au-dessous de lui dans cette série de degrés. Il dispose à l’action les degrés les plus inférieurs qui, en retour, représentent les principes en lui contenus. Bien que ces degrés soient séparés, il existe un influx allant des degrés les plus élevés vers les moins élevés. Il existe également une réciprocité ou reflux des degrés les plus inférieurs vers les plus élevés. Swedenborg a nommé cela « harmonie co-établie, » ou correspondance qui existe simultanément entre les degrés de cause, fin et effet. De plus, le troisième degré consiste en effets qui sont « genre et image », représentant les choses correspondantes contenues dans le degré le plus élevé de principes. L’une des séries les plus importantes est la série âme, esprit, corps. (5)

Usage

Une autre approche fondamentale de Swedenborg est l’accent mis sur l’utilité. L’emploi ou fonction de toute chose est de la plus grande importance, parce que c’est pour cette raison qu’elle existe. Anatomiquement on voit clairement que l’accent mis par Swedenborg sur la structure et la fonction comme étant deux aspects d’une seule entité. Cependant, Swedenborg croit que c’est seulement par l’étude de la fonction que nous pouvons véritablement parvenir à une compréhension de la structure anatomique du corps humain. L’usage de quelque chose détermine la localisation de son degré dans une série par rapport à d’autres et reflète la fin ou le principe rendu manifeste par son usage. Tous les fondamentaux du corps trouvent finalement leur origine dans l’âme et en sont également le reflet. « Ainsi, toute chose appartenant au corps et qui émane du corps en tant qu’action manifeste dans la vie la qualité de l’âme. » (6)

Corps et âme

Un objectif majeur de la plupart des écrits de Swedenborg, semble être de découvrir davantage à propos de l’interaction âme/corps. Ce thème court tout au long de ses écrits scientifiques et théologiques et il est fondamental dans sa vision du cerveau. Il décrit le corps et l’âme dans le paradigme de degrés séparés. L’âme est le principe dernier ou principe le plus élevé d’une série dans laquelle le corps est l’effet, forme finale ou ultime. En conséquence, le corps humain est l’image de l’âme et il est, dès l’origine, formé en accord avec son principe. Ainsi, Swedenborg en vient à écrire : « Par conséquent, par l’un (le corps humain), nous sommes capables de percevoir ce qui est contenu dans l’âme et par l’âme, ce qui est contenu dans le corps. » Il décrit âme et corps comme une unité organique divisée en degrés séparés. Bien que l’âme ne soit pas détectable par les sens, ni par les instruments matériels, elle est en correspondance avec le corps. Elle donne forme au corps, vaisseau de l’âme. L’ordre et la sagesse intrinsèque de l’âme guident l’influx, la structure et la fonction de son vaisseau, le corps, par l’intermédiaire des correspondances. La sagesse inhérente de la structure et de la fonction corporelles tirent leur origine de l’âme. Cette unité individuelle de la forme humaine est une image du Créateur, en lui-même Sagesse Divine. (7)

Âme, cerveau et corps

Swedenborg reconnaît le cerveau en général et le télencéphale en particulier comme ce qui « institue la relation entre l’âme et le corps. » Il identifie les degrés de fin, de cause et d’effet s’appliquant à cette série. Tout comme la fin est l’objectif, la cause, les moyens grâce auxquels l’objectif peut être poursuivi et l’effet, le résultat final, l’âme est la sphère de l’intention, le télencéphale est la sphère de la cause et le corps la sphère des effets. Il reconnaît le corps comme étroitement intriqué à travers l’anatomie et la fonction, à de nombreux niveaux, incluant le neurologique, le musculo-squelettique, le viscéral et le fascial. Tous ces niveaux son interconnectés mais la force de cohésion sous jacente, c’est la présence de l’âme dans le corps. Le mécanisme essentiel permettant cette mise en place se fait à travers le cerveau et ce qu’il anime dans le corps. (8)

Mobilité du cerveau

Swedenborg décrit la mobilité du cerveau comme une alternance de subtiles expansions et rétractions. Il mentionne souvent cette mobilité comme un mouvement alternant systole et diastole ou comme animation du cerveau. Il estime la connaissance du mouvement du cerveau comme vraiment nécessaire, indispensable à la compréhension de la structure et de la fonction. (9)

C’est dans son anatomie ainsi que dans celle de la mœlle épinière et du système nerveux que Swedenborg voit la preuve de la mobilité du cerveau. Il voit cette mobilité dans les structures des membranes intra-crâniennes durales et autres, aussi bien que dans les os crâniens et les structures qui les unissent. Il affirme que ce mouvement d’animation est trouvé à travers tout le système nerveux et, de fait à travers tout le corps. Swedenborg décrit chaque artère, veine et chaque fibre nerveuse comme « le véritable courant de la mobilité du cerveau. » Cette mobilité persiste tout au long de la vie du corps. (10)

Caractéristiques de la mobilité du cerveau

Swedenborg décrit les subtiles expansion et rétraction comme mouvements existant globalement dans l’ensemble du cerveau. Il exprime qu’il existe un mouvement animant les parties des différentes régions du cerveau, mais que pourtant, ces structures bougent ensemble dans une « variation harmonieuse », de sorte que le cerveau se contracte et se dilate d’une manière simultanée. Cela s’accomplit grâce à la qualité spiralée du mouvement de parties distinctes du cerveau, qui peuvent se décrire comme une « fluxion (11) spiralée. » Cette fluxion spiralée autorise chaque partie à bouger sans être gênée par les structures contigües. Cette activité aide à comprendre la structure et la forme des circonvolutions du cerveau. Il exprime cette mobilité comme subtile et non évidente aux sens. (12)

Mobilité de la mœlle épinière

Swedenborg décrit le mouvement du cerveau comme se prolongeant à travers le tronc cérébral jusque dans la mœlle épinière. Mœlle épinière et tronc cérébral s’allongent et se rétractent, se dilatent et se contractent, en conjonction avec le mouvement du cerveau. (13)

La mobilité du cerveau précède le mouvement pulmonaire, « respiration » du cerveau

Swedenborg décrit l’animation ou l’expansion et la rétraction du cerveau comme coïncidant habituellement avec la ventilation des poumons. Cependant, cette mobilité est primaire par rapport au mouvement pulmonaire. (14)

Swedenborg fait également référence à l’animation et à la « respiration » du télencéphale. Il écrit même que « Le télencéphale alterne ses mouvements et respirations et respire avec les poumons. » Cela est primaire par rapport au mouvement de la respiration. (15)

Origine du mouvement/animation du cerveau

Swedenborg écrit que bien que les principes de la mobilité du cerveau soient profondément cachés, la source de son mouvement est le cortex, particulièrement le cortex cérébral. La mobilité du cerveau est également étroitement liée au fluide éthéré en provenance des cellules du cortex (les concepts de fluide éthéré sont discutés plus loin dans cet article). Cependant, l’origine première de la mobilité du cerveau prend sa source dans l’essence du fluide éthéré qui est l’âme. Swedenborg voit la mobilité du cerveau comme une manifestation de la présence de l’âme au sein du corps. Par conséquent, l’utilisation qu’il fait du terme « animation » peut être simultanément compris comme la vivification du corps physique et comme la mobilité rythmique du cerveau se propageant dans tout le corps et qui rend cela possible. Swedenborg voit cette activité comme unissant les degrés distincts de l’âme, de l’esprit et du corps, permettant influx et correspondances entre ces niveaux. Il voit la vie humaine comme une tri-unité d’âme, d’esprit et de corps, unis par l’influx et la correspondance. Il reconnaît les rythmes de mobilité organique se propageant dans le corps physique comme jouant également un rôle important, unissant âme, esprit et corps. La vie est mobilité ; une mobilité rythmique, coordonnée se produit à tous les niveaux. (16)

Cerveau, membrane intra-crânienne et mouvement osseux crânien

Swedenborg décrit la mobilité du cerveau comme étant une partie d’un système complexe de systèmes en relation mutuelle. La mobilité du cerveau affecte toutes les structures du corps qui sont en continuité avec lui, mais le cerveau interagit également avec des structures contigües d’une manière particulièrement sophistiquée et complexe. La mobilité du cerveau est intimement reliée à la structure et à la fonction des membranes qui l’entourent et aux os du crâne.

Mobilité réciproque de la dure-mère

Swedenborg décrit la mobilité comme réciproque au mouvement du cerveau. La mobilité durale est passive, suivant celle du cerveau, pourtant, également, « Cela en vertu de son élasticité, et en ses capacités, tel un tendon musculaire, elle contribue d’une manière générale à la mobilité expansive réciproque du cerveau. » Lorsque le cerveau se trouve dans sa phase expansive, la dure-mère est étirée, lorsque le cerveau se rétracte, la dure-mère est « déchaînée ». De cet étirement et de ce retour alternatifs résulte une « action réciproque. » Cet étirement et ce retour réciproques est rythmique, possédant un « pouvoir réactif » répondant et affectant le cycle du mouvement d’expansion et de rétraction alternatif du cerveau. (17)

Communication entre dure-mère, plèvre, péritoine et connexions dans tout le corps

Swedenborg décrit la dure-mère comme enfermant le cerveau, régulant la mobilité cérébrale et communiquant la mobilité animatrice non seulement au crâne, mais également au reste du corps. Il affirme que cela se fait grâce à l’enveloppement dure-mérien qui accompagne les nerfs, et communiquant avec la plèvre, le péritoine et vers la « sphère du corps. » Il reconnaît que ce revêtement des nerfs se poursuit jusque dans tous les muscles, tous les organes des sens et tous les viscères. De cette manière, l’influence du cerveau, via les membranes générales de la dure-mère, se poursuit jusque dans la plèvre et le péritoine, et donc dans tout le corps. En résumé, la mobilité du cerveau, transmise par la dure-mère se répand dans tout le corps. (18)

Mobilité osseuse crânienne

Swedenborg reconnaît la mobilité osseuse crânienne comme passive et secondaire à la mobilité active primaire du cerveau. Il affirme que la structure individuelle des os du crâne reflète la mobilité du cerveau. Il décrit ces os comme bougeant dans un cycle d’expansion et de rétraction en harmonie avec la mobilité du cerveau. (19)

Sutures crâniennes

Swedenborg affirme que les sutures osseuses crâniennes démontrent la mobilité et la « sphère d’activité » de chaque os pris individuellement. Il reconnaît que les détails des interdigitations et articulations des différentes sutures reflètent les nombreuses différentes mobilités des os crâniens. (20)

Mouvement individuel de l’os frontal, du pariétal et de l’occipital

Swedenborg décrit le mouvement des os crâniens en termes généraux. Ces mouvements accompagnent le cycle rythmique de la mobilité cérébrale. Il ne décrit particulièrement le mouvement que pour trois os : le frontal, les deux pariétaux et l’occipital.

Swedenborg décrit l’os frontal avec ses deux bosses antérieures bilatérales comme allant en expansion antérieure au cours de la phase expansive de la mobilité cérébrale, en correspondance avec le lobe frontal du cerveau. Il décrit les os pariétaux pairs comme s’élevant et bougeant latéralement, avec l’expansion des régions latérales du cerveau. Il décrit également l’os occipital comme bougeant avec le cervelet, s’élevant en son milieu. (21)

Il mentionne explicitement que bien que le mouvement du système s’étende à travers tout le corps, il est subtil et non évident aux sens physiques. (22)

Fluide éthéré/essence éthérée/esprit animal (23)

Swedenborg décrit les structures les plus subtiles des cortex cérébral et cérébelleux comme des circonvolutions dont les fibres s’étendent à travers tout le cerveau, connectant le cortex au reste du corps. Voilà qui est tout à fait similaire aux structures décrites par le concept moderne de la théorie cellulaire sous forme de neurones et de fibres nerveuses. Cependant, il décrit une fonction qui n’est pas clairement reconnue aujourd’hui : il décrit la circonvolution individuelle comme produisant une substance très hautement raffinée qu’il appelle essence éthérée ou fluide éthéré (également appelé esprit animal). Les termes sont parfois utilisés avec différentes variations quant à leur sens, mais, d’une manière générale, il se réfère à une substance particulière, de type fluide, émanant des cellules du cortex cérébral et qui voyage à travers et autour des fibres nerveuses connectées et donc, à travers tout le corps. Swedenborg décrit également le fluide éthéré comme voyageant à partir du cortex à travers et autour des fibres nerveuses vers les ventricules où il se mélange avec une lymphe « plus raffinée » ou fluide émanant des plexus choroïdes pour former le liquide céphalo-rachidien. (24)

Caractéristiques du fluide éthéré

Swedenborg décrit le fluide éthéré comme étant plus subtil et plus raffiné que les autres fluides trouvés dans le corps. Il affirme que le caractère de fluide éthéré est différent des fluides habituels en ce sens qu’il est volatile, très élastique, expansible, compressible et productif. Il peut sourdre à travers les interstices et les pores de la substance médullaire. (25)

Swedenborg affirme que le caractère particulier de cette « buée » de fluide éthéré transmet sa subtilité aux fluides corporels, y compris le liquide céphalo-rachidien et le sang. Ce fluide éthéré est « bien au-delà de la perception par les sens » et il est « une force déterminante de premier ordre, cependant lumière. » Il décrit des fluides éthérés comme sécrétés dans les ventricules aussi bien que dans les glandes du corps et pénétrant dans les fibres corticales par des voies que les yeux ne peuvent même pas percevoir. L’essence éthérée ou fluide éthéré, se mêle aux autres fluides, tout en conservant son caractère particulier. Ce fluide éthéré est intimement relié à la mobilité du cerveau. La mobilité du cerveau et le fluide éthéré tiennent tous deux leur force et leur pouvoir de la même origine, qui est l’âme. (26)

Swedenborg mentionne également que l’âme investit, c’est-à-dire souffle (ou inspire) le fluide éthéré, animant ainsi le cerveau. L’âme est « la véritable cause de l’animation du cerveau. » (27)

Le liquide céphalo-rachidien animé par le fluide éthéré

Swedenborg décrit le liquide céphalo-rachidien comme animé par le fluide éthéré qui tient son origine du cerveau. L’élément éthéré vivifie le liquide céphalo-rachidien auquel, fluide dans le fluide, il confère un caractère particulier. Le liquide céphalo-rachidien se mélange finalement au flux sanguin, donnant au sang une partie de son caractère particulier. (28)

Pulsation du liquide céphalo-rachidien

Swedenborg décrit le liquide céphalo-rachidien comme mis en mouvement par la force animatrice et la mobilité du cerveau et du cervelet. Il décrit son flux à partir du cortex cérébral, vers les ventricules latéraux, vers le troisième et le quatrième ventricules et vers la mœlle épinière en une manière pulsatile, synchrone de la mobilité cérébrale. Il décrit également le liquide céphalo-rachidien comme voyageant entre et à travers les racines et les faisceaux de nerfs et le long et autour d’eux, vers le reste du corps. (29)

Le cercle de la vie

Swedenborg décrit une circulation du fluide éthéré. Cette circulation commence avec la production du fluide éthéré dans le cortex cérébral d’où il est transmis par les fibres nerveuses et le liquide céphalo-rachidien au reste du corps, pour se terminer finalement dans le flux sanguin. Le sang alors, termine le circuit en ramenant le fluide éthéré au contact du cortex cérébral où il est extrait et régénéré par les influx en provenance de l’âme. Cela termine ainsi « le cercle de la vie, » animé par l’expansion et la rétraction du cerveau et donnant une mobilité universelle au fluide éthéré et à tout le corps. (30)

Mobilité ventriculaire

Swedenborg décrit les ventricules cérébraux comme subissant une mobilité phasique similaire à celle du cerveau, du cervelet et du tronc cérébral. Au cours de la phase de contraction de la mobilité cérébrale, chaque ventricule latéral s’allonge et se rétrécit et le tronc cérébral s’allonge. La corne postérieure et descendante des ventricules latéraux se rétrécit, devenant plus étroite. Cette mobilité générale du cerveau et des ventricules est en corrélation avec un subtil rétrécissement et allongement du crâne survenant pendant la phase de rétraction de la mobilité crânienne. Par conséquent, l’opposé survient au cours de la phase d’expansion, où se produisent un élargissement et un raccourcissement subtils du crâne. (31)

Résumé de la description du cerveau par Swedenborg

Bien que résumer un paradigme aussi complexe soit difficile, certaines idées de Swedenborg émergent à l’évidence :

1. Le concept de séries de degrés distincts, illustré par l’exemple de l’âme, de l’esprit et du corps et leur interaction au sein d’un ensemble organique.

2. La focalisation sur la structure et la fonction, en insistant sur l’usage.

3. L’importance primordiale d’une mobilité inhérente du cerveau, s’exprimant en une subtile expansion et rétraction trouvant son origine dans le cortex et transmise à travers tout le corps, servant comme moyen à l’interaction âme/corps aussi bien qu’à une animation rythmique de l’entièreté du corps.

4. La mobilité réciproque des membranes durales (accompagnant le mouvement rythmique du cerveau) transmise par les connexions durales aux os crâniens aussi bien qu’à la plèvre, au péritoine et à l’apport nerveux au reste du corps.

5. Les mobilités spécifiques des os crâniens pris individuellement, déterminées par les sutures crâniennes et les mobilités correspondantes de la dure-mère et du cerveau.

6. Le rôle de l’essence éthérée fluide, transmise du cortex cérébral au système nerveux, au liquide céphalo-rachidien, et finalement au sang et aux autres fluides corporels.

7. La nature pulsatile de la distribution du liquide céphalo-rachidien animé à travers le système nerveux et l’entièreté du corps et son retour au cerveau par le « cercle de la vie. »

Le paradigme organique de Swedenborg est par nature holistique, intégrant la fonction du cerveau et sa mobilité, les systèmes neurologique, squelettique, fascial, respiratoire et cardio-vasculaire tout comme l’âme, l’esprit et le corps en une unité rythmique. Son paradigme organique n’est pas seulement une philosophie d’idées, mais se fonde sur une étude anatomique détaillée, insistant sur la structure et la fonction. De plus cette philosophie se retrouve, constante, tout au long de ses écrits.

  • Lire la suite : William Garner Sutherland et le concept crânien


  • Notes

    1. Woofenden, Swedenborg Explorer’s Guidebook, 196-237.

    2. La fin en tant qu’intention, effet ou but recherché (ndt).

    3. Swedenborg, Le Cerveau, Vol. 1, § 1-2.

    4. L’anglais dit co-respondance ce qui devrait littéralement se traduire par « co-réponse », le jeu de mot avec correspondance n’est pas traduisible directement (ndt).

    5. Ibid.

    6. Swedenborg, Le Règne animal, § 32.

    7. Swedenborg, Le cerveau, Vol. 1, §§ 2, 65, 104q, 195.

    8. Ibid., § 80.

    9. Ibid., § 59.

    10. Ibid., §§ 43, 59, 260, 277.

    11. Fluxion, dans le sens « gonflement. » (Ndt).

    12. Ibid., §§ 43, 46, 48, 104r, 350.

    13. Ibid., § 51 ; 1887, 708.

    14. Ibid., 1, § 53.

    15. Swedenborg, Le cerveau, Vol. 1, § 41 ; Swedenborg, Le télencéphale, vol. I, § 213.

    16. Ibid., Vol. 1, §§ 58, 56.

    17. Ibid., §§ 250, 286c, 353.

    18. Ibid., §§ 59, 78, 104o, 272.

    19. Ibid., § 196.

    20. Swedenborg, Le cerveau, Vol 1, §§ 191, 198, Cerebrum, Vol. I, §§ 170, 736, Vol II, § 9.

    21. Ibid., Vol 1, § 198.

    22. Ibid., § 350.

    23. Le mot anglais utilisé est « spirituous fluid », « spirituous essence » dont les synonymes anglais sont éthéré, subtil, vaporeux. Nous avons choisi de traduire le mot « spirituous » par éthéré (ndt).

    24. Ibid., §§ 58, 104n.

    25. Ibid., § 577.

    26. Swedenborg, Le cerveau, Vol. 1, § 58 ; Swedenborg, De cerebro, vol. 1, § 214. Swedenborg, Le cerveau, Vol. 2, § 518f, 577.

    27. Swedenborg, De Cerebro vol. I, § 214.

    28. Swedenborg, Le cerveau, Vol. 1, §§ 104, 90 ; Vol. 2, § 715n.

    29. Ibid., Vol. 1, §§ 104v, 471, 473, 527 ; Vol. 2, § 715n.

    20. Ibid., Vol. 1, § 75, 78.

    21. Swedenborg, Le cerveau, Vol. 1, §§ 466, 469.

Mise à jour le Vendredi, 24 Décembre 2010 09:21  

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